Communication en situation de crise : rester informé et joignable

Comment maintenir la communication quand les réseaux sont saturés ou coupés — téléphones, radios, talkies-walkies et plans de contact familiaux.

Communication en situation de crise : rester informé et joignable

Le 13 novembre 2015, après les attentats de Paris, les réseaux mobiles de la capitale ont été saturés pendant plusieurs heures. Des milliers de personnes n’arrivaient pas à joindre leurs proches. Ce n’était pas une panne technique — c’était simplement trop d’appels en même temps pour une infrastructure dimensionnée pour un usage normal.

Ce scénario se reproduit à chaque crise majeure : tempête, inondation, séisme, attentat, panne de courant prolongée. Au moment précis où vous avez le plus besoin de communiquer, les outils habituels deviennent inutilisables.

Se préparer à communiquer en crise, c’est anticiper cette défaillance et avoir des alternatives. Ce guide passe en revue toutes les options, de la plus simple à la plus robuste.

Pourquoi les réseaux classiques tombent

Comprendre pourquoi les communications échouent permet de choisir les bonnes alternatives.

Saturation réseau : en cas d’événement majeur, des millions de personnes appellent en même temps. Le réseau mobile ne peut gérer qu’un certain nombre d’appels simultanés. Le résultat : “circuit occupé”, appels qui ne passent pas, messagerie vocale inaccessible.

Panne électrique : les antennes-relais ont des batteries de secours, généralement 4 à 8 heures. Au-delà, elles s’éteignent. Sans courant, pas de réseau.

Dommages physiques : une tempête, un tremblement de terre ou des inondations peuvent endommager les infrastructures physiques (câbles, antennes, centraux).

Internet et WiFi : dépendent du même réseau physique que le téléphone. Si le réseau tombe, la VoIP (WhatsApp, FaceTime, Telegram) tombe aussi.

Ce qui reste debout : les SMS survivent mieux que les appels vocaux (paquets de données plus petits). Les radios FM et DAB+ sont diffusées sans réseau. Les fréquences radio privées (talkie-walkie) sont totalement indépendantes.

Le plan de communication familial — la base de tout

Avant d’acheter le moindre équipement, établissez un plan de communication familial. C’est la chose la plus importante, et ça ne coûte rien.

Éléments du plan :

  1. Un contact hors de la zone de crise : choisissez un membre de la famille ou un ami habitant à 100+ km. En cas de crise localisée, il est souvent plus facile d’appeler loin que d’appeler son voisin. Tout le monde l’appelle pour dire qu’il va bien, et cette personne centralise l’information.

  2. Deux points de rassemblement physiques :

    • Le plus proche : devant la maison, ou devant l’école pour les enfants
    • Le plus éloigné : chez un ami ou de la famille à plusieurs kilomètres, si le domicile est inaccessible
  3. Les numéros d’urgence par écrit : 15 (SAMU), 17 (police), 18 (pompiers), 112 (numéro européen). Ces numéros sont prioritaires sur les réseaux surchargés.

  4. Un protocole SMS : convenez que chacun envoie un SMS de statut toutes les X heures si impossible de se joindre. Un SMS simple passe souvent quand un appel ne passe pas.

  5. Les documents dans le cloud : photocopiez les documents importants et mettez-les dans Google Drive, iCloud ou Dropbox. Accessible de n’importe quel appareil avec connexion.

Imprimez ce plan, plastifiez-le, et mettez-en un dans chaque sac de départ. Les enfants en âge scolaire doivent le connaître par cœur.

Smartphones — ce qui marche encore quand c’est difficile

Le smartphone reste votre premier outil, mais certaines techniques passent mieux que d’autres quand les réseaux sont chargés.

SMS plutôt qu’appels : un SMS consomme beaucoup moins de bande passante qu’un appel vocal. En cas de réseau saturé, les SMS finissent par partir même si les appels ne passent pas. Les SMS WhatsApp/Telegram fonctionnent pareil.

Mode avion 30 secondes : si vous n’arrivez pas à appeler, passez 30 secondes en mode avion, puis rallumez. L’appareil se reconnecte à l’antenne la moins chargée dans votre zone. Ça marche parfois.

WiFi calling : si vous avez du WiFi mais plus de réseau mobile, activez le WiFi calling (paramètres > téléphone sur iOS, ou dans les réglages d’appel sur Android). Vous pouvez alors appeler depuis un réseau WiFi même sans réseau mobile.

Applications hors ligne pour les cartes : téléchargez Maps.me ou les cartes Google Maps de votre région avant une crise. Si le réseau tombe, vous avez toujours la navigation.

Économiser la batterie : en crise, la batterie est précieuse. Réduisez la luminosité, coupez le Bluetooth et le WiFi si inutiles, activez le mode économie d’énergie. Évitez les jeux et vidéos. Un smartphone peut tenir 2-3 jours en usage minimal.

Une batterie externe chargée dans chaque sac de départ : 20 000 mAh donnent 5-6 charges complètes de smartphone.

La radio FM/DAB+ — l’information quand tout tombe

La radio hertzienne est le medium le plus résilient en cas de crise. Elle ne dépend d’aucun réseau, d’aucun serveur, d’aucune connexion internet. Une émetteur radio continue d’émettre même si le réseau électrique est coupé sur votre zone — l’émetteur a ses propres générateurs.

France Inter (87.8 MHz) et les radios locales deviennent les sources d’information officielles en cas de catastrophe nationale. Les préfectures communiquent via la radio. Les consignes d’évacuation passent par la radio.

Quel appareil choisir :

  • Radio portable à piles : indispensable dans le kit d’urgence. Budget : 20-40€. Modèles Sangean, Sony ou Philips fiables. Prenez une avec DAB+ en plus du FM pour avoir plus de choix.

  • Radio à dynamo ou solaire : se recharge sans pile ni courant. Budget : 30-60€. Marques Eton, Kaito. Idéale si la panne dure plusieurs jours et que vous manquez de piles.

  • Radio-réveil à pile : la plupart des gens en ont déjà un. Sortez-le du tiroir et assurez-vous qu’il a des piles chargées.

Fréquences à noter :

  • France Inter : 87.8, 89.1, 90.0 (variable selon zone)
  • France Bleu locale : variable selon département (consultez votre fréquence locale)
  • Europe 1 : 104.7 MHz (Paris), variable en région
  • BFM Radio (information continue) : 96.0 MHz (Paris)

Les talkies-walkies — la communication locale sans réseau

Les talkies-walkies (radios bidirectionnelles) fonctionnent sur des fréquences radio privées, totalement indépendantes de tout réseau. Parfaits pour communiquer avec les voisins, entre membres d’un groupe d’entraide, ou entre membres de la famille dans un même quartier.

Fréquences légales en France :

PMR 446 (Personal Mobile Radio) : bande libre, pas de licence, 16 canaux. Portée réelle en ville : 500m à 2km. Portée en terrain dégagé : jusqu’à 5-8 km. C’est la norme standard en Europe. Toutes les marques grand public fonctionnent dessus.

Ce qu’il faut savoir :

  • En France, seule la PMR 446 est légale sans licence pour le grand public
  • La puissance est limitée à 500mW (0,5W), d’où la portée limitée
  • Les fréquences sont partagées avec tous les autres utilisateurs de PMR446

Modèles recommandés :

  • Motorola T62 (30-40€ la paire) : robuste, imperméable IPX2, autonomie 12h
  • Motorola T82 Extreme (60-80€ la paire) : étanche IPX4, parfait pour usage extérieur
  • Midland XT50 (50-70€ la paire) : bonne portée, résistant
  • Baofeng UV-5R (25-35€) : attention, cet appareil peut émettre sur des fréquences non autorisées — à utiliser uniquement sur les canaux PMR446 légaux

Comment organiser la communication par talkie-walkie dans votre quartier :

  1. Organisez une réunion de voisins et proposez la communication talkie-walkie
  2. Choisissez un canal commun (ex : canal 1 PMR446)
  3. Définissez un protocole simple : appel toutes les X heures en cas de crise, utilisation du prénom avant de parler
  4. Notez les noms et numéros de maison de chaque foyer équipé

Les communications longue distance — radioamateurs et HF

Pour communiquer sur des distances de dizaines à des milliers de kilomètres sans aucune infrastructure, les radioamateurs utilisent des fréquences HF (Haute Fréquence, 3-30 MHz).

Les radioamateurs (ham radio) sont les acteurs clés de la communication d’urgence mondiale. En France, le réseau REF (Réseau des Émetteurs Français) coordonne l’activité des radioamateurs en situation d’urgence.

Pour utiliser ces fréquences : il faut passer le certificat HAREC (examen de radioamateur). La formation est accessible via l’UBA, le REF ou des clubs locaux. Comptez 3-6 mois de préparation.

Fréquences d’urgence nationales :

  • 3.760 MHz (80m, réseau national)
  • 7.076 MHz (40m, réseau régional)
  • 145.500 MHz (2m, appel VHF)

Si vous n’êtes pas radioamateur : les récepteurs SDR (Software Defined Radio) permettent d’écouter les fréquences radioamateurs sans émettre. Un dongle RTL-SDR coûte 25-30€ et permet d’écouter énormément de fréquences. Utile pour s’informer.

Les satellites — la solution ultime mais onéreuse

Téléphones satellitaires (Iridium, Thuraya) : fonctionnent partout dans le monde indépendamment de toute infrastructure terrestre. Coût : 600-1500€ pour l’appareil + abonnement ou cartes prépayées. Solutions pour les professionnels, les explorateurs, les bateaux de plaisance.

Garmin inReach Mini (350-450€ + abonnement) : pas un téléphone satellitaire complet, mais permet d’envoyer des messages texte et votre position GPS via satellite Iridium. Abonnement à 15-50€/mois selon usage. Très compact.

Starlink (SpaceX) : internet haut débit par satellite. Terminal : 450€, abonnement : 50-100€/mois. Fonctionne partout avec une vue dégagée du ciel. Les Forces Armées ukrainiennes en ont massivement utilisé lors du conflit. Utilisable en cas de catastrophe si vous avez de l’électricité.

La messagerie mesh — la technologie émergente

Les applications de messagerie “mesh” (maillage) permettent de faire des messages entre smartphones sans aucune connexion internet, en utilisant le Bluetooth et le WiFi entre téléphones voisins.

goTenna Mesh : dispositif qui se branche sur votre smartphone et communique avec d’autres dispositifs goTenna jusqu’à 5km en terrain ouvert. Un message peut sauter de dispositif en dispositif pour couvrir des distances plus longues.

Meshtastic (open-source) : même principe avec des modules LoRa (50-80€). Communauté active, solution robuste pour les groupes d’entraide organisés.

Briar (application Android) : messagerie chiffrée qui fonctionne via Bluetooth et WiFi direct entre téléphones proches. Gratuit, open-source. Utile sur des distances courtes (100m en intérieur).

Ces technologies sont encore émergentes mais prometteuses pour la communication de quartier en crise.

Ce qu’il faut préparer maintenant

Liste de matériel recommandé :

Équipement Prix indicatif Priorité
Batterie externe 20 000mAh 30-60€ Essentiel
Radio portable FM/DAB+ à piles 20-50€ Essentiel
Piles de rechange (AA, AAA) x20 15-25€ Essentiel
Paire talkies-walkies PMR446 30-80€ Recommandé
Radio solaire/dynamo 30-60€ Recommandé
Câble de charge universel 10-20€ Recommandé

Ce qu’il faut faire maintenant, gratuitement :

  1. Écrire le plan de communication familial et en donner un exemplaire à chaque membre
  2. Connaître les fréquences radio locales (France Bleu de votre région)
  3. Installer Maps.me et télécharger votre région
  4. Activer le WiFi calling sur vos téléphones
  5. Vérifier que les numéros d’urgence sont dans vos contacts

Exercice pratique : un dimanche matin, passez 2h avec votre famille sans téléphone. Faites-le communiquer en utilisant seulement les talkies-walkies ou la radio. Identifiez les failles dans votre plan.

Communication avec les personnes vulnérables

Les personnes âgées, les enfants, et les personnes en situation de handicap ont des besoins spécifiques en matière de communication de crise. Les inclure dans votre plan de communication n’est pas optionnel.

Pour les personnes âgées

Les personnes de plus de 75 ans sont les plus vulnérables lors des canicules, des coupures de courant prolongées, et des crises sanitaires. Leurs particularités :

  • Moins familières avec les smartphones et les applications
  • Plus susceptibles d’habiter seules
  • Risque d’isolation plus élevé quand les réseaux tombent

Ce que vous pouvez faire :

  • Identifier les personnes âgées isolées dans votre voisinage avant une crise. Connaître leurs noms et où elles habitent
  • Les inscrire au registre communal : toutes les mairies ont un registre des personnes vulnérables (créé après la canicule de 2003). En cas de crise, les services municipaux les contactent en priorité
  • Définir un protocole de passage : en cas de crise, quelqu’un doit aller les voir physiquement si le téléphone ne répond pas
  • S’assurer qu’elles ont une radio à piles : c’est souvent leur seul moyen d’information quand les réseaux tombent

Pour les enfants scolarisés

Si une crise survient pendant les heures scolaires, comment communiquer avec vos enfants ?

Les écoles ont des protocoles de crise (PPMS) qui prévoient un confinement sur place et l’attente des parents. En cas de crise :

  1. Ne vous précipitez pas à l’école sans instructions — vous pouvez encombrer les routes
  2. Écoutez les instructions des autorités via la radio
  3. L’école ne remettra l’enfant qu’à une personne autorisée sur la liste — vérifiez que cette liste est à jour

Préparez votre enfant :

  • Il/elle doit connaître le plan de communication familial par cœur (contact hors zone, points de rassemblement)
  • À partir de 8-9 ans, un enfant peut mémoriser le numéro de téléphone d’un parent et appeler d’une cabine ou d’un téléphone de voisin
  • Donnez à votre enfant une carte plastifiée dans son cartable avec : son nom, les deux numéros de contact (parent + contact hors zone), et les deux points de rassemblement

Pour les personnes en situation de handicap

Le plan de communication doit anticiper les besoins spécifiques selon le type de handicap :

Handicap visuel : les applications de synthèse vocale fonctionnent même quand les réseaux sont partiellement dégradés. La radio est un outil naturel. Assurez-vous que la personne a un compagnon de communication désigné.

Handicap auditif : les SMS et messageries instantanées fonctionnent mieux que les appels vocaux — avantage en cas de réseau saturé. Les applications de sous-titrage automatique (Google Live Transcribe) peuvent fonctionner hors ligne.

Mobilité réduite : le plan d’évacuation doit être adapté. Désignez des accompagnateurs. Signalez votre situation à la mairie pour être inclus dans les listes de personnes nécessitant assistance.

Fréquences radio officielles et réseaux d’urgence en France

Les fréquences radio à connaître

La radio reste le vecteur d’information officiel en cas de catastrophe nationale. Voici les fréquences utiles à noter et à afficher dans votre kit d’urgence :

France Inter (fréquences principales par région) :

  • Paris : 87,8 MHz
  • Lyon : 91,7 MHz
  • Marseille : 88,0 MHz
  • Bordeaux : 88,1 MHz
  • Lille : 89,8 MHz
  • (Consultez radio-france.fr pour votre fréquence locale)

France Bleu locale : chaque département a sa propre fréquence France Bleu. C’est le relais régional des informations en cas de crise locale (inondation, incident industriel). Trouvez la vôtre sur francebleu.fr.

France Info : 105,5 MHz (Paris), disponible sur DAB+ nationalement

RFI (Radio France Internationale) : 89,0 MHz en Île-de-France, sur ondes courtes (9790, 9800 kHz) pour la réception longue distance

Les alertes officielles : FR-Alert

Depuis 2022, la France dispose de FR-Alert, le système national d’alerte aux populations. Il envoie un message d’alerte directement sur votre téléphone mobile sans application, sans inscription, et sans connexion internet (il utilise le réseau de diffusion d’alerte Cell Broadcast, différent des SMS classiques).

Ce que vous devez savoir :

  • FR-Alert fonctionne sur tous les smartphones modernes (iOs 15+ et Android 11+)
  • Il ne nécessite aucune application ni inscription
  • Il diffuse une alerte géolocalisée : vous ne recevez que les alertes de la zone où vous êtes
  • Le message est accompagné d’un son et d’une vibration particuliers (différent des SMS)
  • Il peut fonctionner même en cas de réseau partiellement dégradé

Activez-le : vérifiez que les alertes gouvernementales sont activées dans les paramètres de votre téléphone (Paramètres > Notifications > Alertes d’urgence gouvernementales sur iOS, ou Paramètres > Applications > Messages > Alertes d’urgence sur Android).

Numéros d’urgence et leur particularité en crise

Les numéros d’urgence (15, 17, 18, 112, 115) bénéficient d’une priorité réseau — ils passent même en cas de réseau saturé, là où les appels ordinaires échouent. C’est une raison importante de les appeler plutôt que d’appeler directement l’hôpital local ou un médecin en cas d’urgence.

Correspondances :

  • 15 : SAMU (urgences médicales)
  • 17 : Police/Gendarmerie
  • 18 : Sapeurs-pompiers
  • 112 : Numéro européen (redirige vers le bon service selon votre localisation)
  • 115 : SAMU Social (personnes sans abri)
  • 114 : Numéro d’urgence pour les sourds et malentendants (SMS, chat)

Le 114 est particulièrement important à noter : il permet aux personnes qui ne peuvent pas parler (choc, problème vocal, peur d’être entendu) de contacter les secours par SMS.

Bâtir un réseau de voisins préparés

La communication en crise ne se limite pas aux appareils et aux fréquences. Le réseau humain de proximité est souvent le maillon le plus fiable.

Le principe : organiser 4 à 6 foyers voisins (rue, immeuble) avec un protocole de communication commun et une coordination en cas de crise.

Comment le constituer :

  1. Identifiez les voisins potentiellement intéressés (personnes âgées, familles avec enfants, personnes qui semblent organisées)
  2. Proposez une réunion informelle — un café, pas une “réunion de crise”
  3. Définissez un canal de communication commun en temps normal (groupe WhatsApp) et en crise (talkie-walkie, canal PMR446 #1)
  4. Notez les compétences de chacun : médecin, pompier volontaire, électricien, infirmière
  5. Faites un inventaire partagé discret : qui a un groupe électrogène, qui a des réserves d’eau, qui a une voiture 4x4

Les règles d’or :

  • La discrétion : n’étalez pas vos réserves en public
  • La réciprocité : tout le monde contribue selon ses moyens
  • La confiance : testez le réseau en conditions normales avant d’en avoir besoin

Un réseau de 5 voisins préparés vaut plus que 100kg de matériel stocké seul.

Questions fréquentes sur la communication en crise

Les SMS passent-ils vraiment mieux que les appels en cas de réseau saturé ?

Oui. Un appel vocal crée une “connexion” qui monopolise de la bande passante pendant toute la durée de l’appel (quelques minutes minimum). Un SMS est transmis en quelques millisecondes et peut s’insérer dans des “trous” du réseau. En situation de saturation, le taux de succès des SMS est nettement plus élevé que celui des appels. WhatsApp et Telegram fonctionnent sur le même principe que les SMS (paquets de données courts).

Un talkie-walkie peut-il être intercepté ?

Oui. Les talkies-walkies PMR446 grand public émettent sur des fréquences non chiffrées. N’importe qui avec un talkie-walkie sur le même canal peut entendre vos conversations. Pour des communications sensibles, utilisez un jargon convenu à l’avance avec votre réseau (“Oiseau” pour “tout va bien”, numéros de code pour les adresses, etc.). Pour un chiffrement réel, les solutions Mesh comme goTenna offrent du chiffrement de bout en bout.

Que faire si je n’ai plus de batterie et aucun moyen de recharger ?

Priorité dans l’ordre : 1) Batterie externe si disponible. 2) Chargeur de voiture (câble USB → port USB de tableau de bord). 3) Voisin avec électricité ou groupe électrogène. 4) Station d’énergie portable communautaire si votre réseau de voisins en a une. 5) Téléphone d’urgence : dans de nombreuses communes, la mairie ouvre un point d’accueil avec recharge possible en cas de panne prolongée. La règle d’or : conservez toujours 20% de batterie sur votre téléphone principal.

Comment joindre un proche à l’étranger si internet ne marche pas ?

Si internet est coupé mais le réseau téléphonique fonctionne partiellement, appelez directement avec le préfixe international (+33 depuis l’étranger pour joindre la France, +1 pour les USA, etc.). Si ni internet ni le réseau ne fonctionnent, votre contact hors zone (un proche dans une autre région ou un autre pays) peut servir de relais d’information : les personnes dans les zones non affectées ont généralement un accès normal aux réseaux.

Le réseau 4G/5G tombe-t-il avant ou après le réseau fixe (fibre, ADSL) en cas de panne ?

Les deux tombent différemment. La panne électrique touche d’abord le réseau fixe (votre box internet s’éteint). Le réseau mobile résiste plus longtemps grâce aux batteries intégrées des antennes-relais (4 à 8h typiquement). En revanche, en cas de saturation (nombreuses personnes dans la même zone), le réseau mobile se sature avant le réseau fixe. En pratique : lors d’une panne électrique, vous perdez le WiFi mais gardez la 4G un certain temps. Lors d’un événement majeur avec des millions de personnes qui appellent, vous perdez la 4G mais le réseau fixe (câble téléphonique classique) peut encore fonctionner.


La communication en crise, c’est une question de redondance. Un seul outil, même excellent, peut tomber. Deux outils complémentaires, c’est déjà très robuste. Trois, c’est la tranquillité d’esprit.

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